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26 février 2013
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Historique du lycée

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I - Remontons au déluge ... ou presque 


Notre établissement est situé sur des terrains qui, jusque dans les premières années de la Restauration n’étaient pas bâtis.


C’est en 1809 que leur destin se scelle. En effet, un décret impérial cède à la ville d’Auxerre les bâtiments et terrains de la "ci-devant abbaye St-Germain", dans lesquels avait été installée l’école Centrale du département créée sous la Révolution et supprimée sous l’Empire. On y hébergera malades, enfants assistés et vieillards jusqu’ici accueillis à l’hôpital (Hôtel-Dieu) de la Madeleine et celui-ci, insalubre, recevra le dépôt d’étalons : l’Abbaye et cet Hôtel-Dieu sont en mauvais état et nécessitent des travaux qui, à Saint-Germain, dureront jusqu’en 1826 (il fallait transformer les écuries et bâtir). Cet hôpital, qui fonctionnera dans l’abbaye seulement jusqu’en 1904, reçoit des malades civils et militaires et des enfants, orphelins ou abandonnés.Retour ligne automatique
Le développement de la médecine scientifique au 19e siècle amènera l’Inspection Générale à un rapport défavorable en 1901 (les femmes contagieuses vivant dans la même salle que les autres ; la salle d’opérations est non conforme aux principes d’aseptie ... ce qui explique qu’au début du 20e siècle, l’hôpital récupérera des locaux proches, qui auront auparavant accueilli un dépôt d’étalons et la gendarmerie.


II - Nos murs 


Qu’a-t-on construit sur le site au début du 19e siècle et qu’a-t-on transformé ?


La loi scolaire de 1833 prévoyant la création d’Écoles Normales Départementales pour former des instituteurs, une École Normale fut ouverte en 1835 dans l’ancienne gendarmerie, mais les locaux, inadaptés, nécessitaient des travaux conduits par l’architecte Gaulle dont la réception se fit en août 1837, alors que des élèves-maîtres étaient déjà accueillis depuis deux ans. Cela ne suffisait pas. Après un architecte parisien, l’architecte icaunais Leblanc soumet des plans en août 1840 qui seront acceptés par le Préfet et les derniers travaux seront réceptionnés en 1846, mais l’École Normale transformée a commencé à fonctionner en 1844 et ses deux classes annexes (école d’asile pour les tout-petits et école primaire) en 1845.


L’École Normale se compose de trois bâtisses :


A) Un bâtiment correspondant avant 1684 aux petites écuries de l’abbaye (il était parallèle à notre mur de la chaînette) ; il sera démoli au début du 20e siècle (1904) lorsque l’École Normale cèdera ses locaux à l’hôpital civil.


B) La partie la plus ancienne de notre bâtiment, son aile ouest, mais elle est alors plus courte (on s’y repère quand on se place sur la terrasse) ; entre 1820 et 1831, elle abritait des écuries et les logements des haras et entre 1831 et 1841, la gendarmerie. On lui a adjoint, sur son pignon sud un pavillon à l’Est et un pavillon à l’Ouest. Il n’existe plus rien de ce dernier. L’École Normale a donc la forme d’un T et son accès se fait par la place Saint-Germain.


C) Entre cette aile et les anciennes petites écuries, existe un passage qui deviendra en 1859, dégagement et cage d’escalier.


Durant la seconde moitié du 19e siècle, des aménagements se font : une galerie située là où nous avons maintenant le couloir de notre aile Ouest, des cabinets d’aisance et un préau adossés au mur extérieur Ouest qu’on a construit en 1844 pour séparer l’École Normale de la gendarmerie pour laquelle a été bâti l’immeuble qui nous sépare des archives départementales ; on a aussi construit au second étage sous les toits, l’École Normale manquant de locaux, et ce manque de locaux se fera sentir également en fin de siècle quand le Ministère décida que les élèves-maîtres pourraient faire une troisième année de formation.


À la même époque, le directeur était logé dans l’actuel bâtiment administratif du musée, de même qu’un de ses adjoints et l’actuelle paierie départementale abritait la conciergerie et d’autres services de l’École Normale.


Les locaux se délabrent vite, comme en témoignent les rapports des préfets qui reprennent les avis des directeurs d’École Normale et des commissions qui les visitent. On les ressent comme exigus. Il est régulièrement fait état de l’insalubrité du site.


En outre, des rapports informent le Ministre de l’Instruction Publique et des Beaux Arts d’un autre inconvénient qui découle de la proximité de l’hospice (= hôpital civil et militaire). On considère qu’il y a risque de contagion, surtout après le décès dû à la fièvre thyphoïde du directeur, d’un professeur et de quelques élèves (sur un total de quelques dizaines) ; en outre le voisinage de l’hôpital est mal vécu : il y a “ communication verbale possible entre l’École Normale et les malades, femmes et soldats renfermés dans des salles dont les fenêtres dominent les cours de l’École Normale ” .


Ajoutons, un détail trivial, que les odeurs des fosses d’aisance de l’hôpital général de l’Avenue de Paris (devenu asile d’aliénés) sont si fortes par temps chaud qu’on ne peut ouvrir les fenêtres, ainsi que l’indique le Directeur de l’École Normale dans son rapport annuel de juillet 1897.


Il est donc aisé de comprendre que de 1880 au début du 20e siècle se succèdent des projets soit pour agrandir l’École Normale, soit pour la transférer hors de la vieille ville, et on pense au quartier des Moreaux et à l’Avenue de St-Georges.


Pour des raisons financières, parce que les départements ne pouvaient tous construire et/ou entretenir des Écoles Normales (et des courriers montrent que loin de la Bourgogne la question se posait dans les mêmes termes), des contacts sont établis avec l’Aube, la Haute Marne et la Nièvre : il s’agit de regrouper dans un département les élèves-maîtres et dans l’autre les élèves-institutrices.


Ces projets n’aboutiront pas, notamment parce que l’École Normale de garçons est trop à l’étroit pour accueillir d’autres élèves ; pour les filles, installées rue des Moreaux, la chose aurait été possible mais ne s’est pas faite.


D) En 1890, certaines questions concernant la propriété de l’École Normale se posaient :


1) le terrain appartenait au département, or l’École Normale, sur ses fonds propres et avec des fonds d’État, y a bâti des annexes en 1866. À qui appartiennent ces biens immeubles ? Au propriétaire du terrain, c’est-à-dire au département.


2) Et les biens meubles ? Réponse : Ce qui a été acheté sur des fonds de l’État et sur des fonds propres appartient à l’École Normale ; au département appartient ce que le Conseil Général a payé ... et tout ce dont on n’a pu établir clairement l’origine du financement.


3) L’École Normale possède-t-elle des rentes sur l’Etat ? des revenus de propriétés immobilières ? La réponse aux deux questions est non.


E) La construction de l’École Normale de garçons, Avenue Pasteur, est décidé en 1901. Les bâtiments sont cédés à l’hôpital d’Auxerre le 30 janvier 1904 ; la nouvelle École Normale, commencée (plans) en 1901 est achevée en 1904. L’hôpital civil transforme et aménage l’ancienne École Normale comme suit :


1) On démolit l’aile nord (le long de la chaînette), le pavillon à l’Ouest du pignon Sud tandis que le pavillon situé à l’Est fera place à une aile Sud, à peu près telle que nous la voyons aujourd’hui. Un passage étroit entre l’extrémité de cette aile et le bâtiment actuellement inoccupé à l’Est du lycée existait, et en 1950 fut construite perpendiculairement à ce bâtiment une maternité (démolie lorsque l’ensemble passa des services hospitaliers à l’Education Nationale).


Il ne faut pas oublier que pendant des décennies, avant que la pénicilline ne permette d’éradiquer la tuberculose pulmonaire, l’hôpital a accueilli des tuberculeux dont la maladie atteignait un stade avancé ; aux yeux des Icaunais, cette unité pneumologique était un mouroir.


2) Le préau et les cabinets d’aisance construits au milieu du 19e contre le mur de séparation d’avec la gendarmerie ont été démolis en 1904 lorsque l’École Normale céda la place à l’hôpital civil.


Notre bâtiment administratif fut construit au début de la troisième république pour la station agronomique (il est fait mention de son existence en 1879). Que cette station agronomique ait eu une entrée commune avec l’École Normale d’Instituteurs ne plaisait guère aux directeurs d’École Normale qui le déploraient dans leur rapport annuel.


F) De l’hôpital civil au lycée professionnel :


Les premiers débats du conseil municipal au sujet du transfert des services hospitaliers vers le Boulevard de Verdun eurent lieu en 1979.


En guise de conclusion :


L’histoire de ces quelques ares est complexe : affectations diverses, locaux qui deviennent vite exigus, voisinage mal vécu ou mal accepté avec des établissements affectés à d’autres usages dont on considère qu’ils génèrent des inconvénients, parfois des dissensions entre la ville et le Conseil Général...


De 1820 à 1987, ces bâtiments, en subissant des transformations et agrandissements, auront reçu cinq affectations successives. Combien d’années, de lustres (soyons optimistes, de décennies !) les locaux de notre lycée resteront-ils affectés à l’enseignement ? Sans doute aussi longtemps qu’ils seront adaptés ou adaptables à leur objet.


 


Monique LAURENT documentaliste jusqu’en 2003

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